Des selles claires, molles, volumineuses, huileuses et anormalement malodorantes peuvent correspondre à une stéatorrhée : un excès de graisses dans les selles. Ce n’est pas une maladie que l’on confirme sur une photo, ni un motif pour commencer seul des enzymes ou un régime. C’est un signe à faire évaluer, surtout s’il se répète.[1]
Le plus souvent, cela s’inscrit dans une malabsorption : les nutriments ne sont pas correctement absorbés dans l’intestin grêle. Une diarrhée chronique est le symptôme le plus fréquent. Une perte de poids, malgré une alimentation qui semble suffisante, peut s’y ajouter.[1]
Ce que l’on voit ne suffit pas
Quand les lipides sont mal absorbés, les selles peuvent flotter, coller à la cuvette ou être difficiles à évacuer. Cet aspect oriente. Il ne pose pas le diagnostic. Celui-ci repose sur des symptômes typiques et sur l’analyse des selles, parfois sur une biopsie de la muqueuse de l’intestin grêle. L’examen visuel se fait sur un échantillon, à l’œil nu et au microscope, pas sur une photo.[1]
Plus de 7 grammes de graisses par jour dans les selles est un résultat de laboratoire. Il caractérise une malabsorption des graisses. Ce seuil ne se mesure pas à la maison. Les analyses les plus fiables portent sur un recueil de trois jours. D’autres tests de graisses fécales ne demandent pas toujours ce recueil. C’est un médecin qui les prescrit.[1]
Deux mécanismes, plusieurs causes
Soit la digestion des aliments est perturbée, soit l’absorption des nutriments déjà digérés échoue. On parle souvent de malabsorption pour les deux. Techniquement, un défaut de la première étape est plutôt une maldigestion.[1][2]
La digestion peut être gênée par un manque d’enzymes ou par une faible production de bile. Une cause fréquente est un pancréas qui ne sécrète plus assez d’enzymes. Une cirrhose ou une cholestase peuvent diminuer la fabrication de la bile, ou son arrivée dans l’intestin.[1][2]
L’absorption peut être réduite si la muqueuse de l’intestin grêle est abîmée, par exemple dans la maladie cœliaque ou la maladie de Crohn, ou si un long segment d’intestin a été retiré. Cette liste n’est pas un diagnostic à poser seul.[1]
Carences, enzymes et régime
Les graisses non absorbées emportent les vitamines liposolubles A, D, E et K, et parfois certains minéraux. Les symptômes dépendent du nutriment qui manque : fatigue et faiblesse en cas d’anémie, gonflements, peau sèche ou chute de cheveux en cas de manque de protéines. Certaines femmes n’ont plus leurs règles. Retirer les graisses de l’assiette, ou ajouter seul un complément, ne règle pas la cause.[1][2]
Le traitement dépend de la cause. Des enzymes pancréatiques, si elles ont une place, ne se décident pas depuis un article. Un régime très gras pour « tester » la digestion, ou un régime sans graisse strict pour faire disparaître le symptôme, n’est pas une étape à lancer seul. Si un recueil de selles sur plusieurs jours est nécessaire, il est organisé par le médecin.[1]
Quand consulter, et quand appeler le 15
Prenez rendez-vous si des selles grasses, pâles ou très malodorantes se répètent, surtout avec une diarrhée chronique, une perte de poids ou une fatigue inhabituelle. Selon le contexte, le médecin peut demander des analyses de sang et de selles, des tests du pancréas, une imagerie ou une biopsie.[1]
Consultez sans attendre si la peau ou les yeux jaunissent et que les selles sont trop grasses. En cas d’ictère, cet aspect témoigne d’une bile mal produite ou mal écoulée. La cirrhose et le cancer du pancréas peuvent aussi commencer par un ictère. Cela ne signifie pas qu’une selle grasse est un cancer.[1][2]
Une douleur abdominale soudaine et sévère, des vomissements de sang, une confusion ou une grande difficulté à respirer nécessitent une aide médicale urgente : appelez le 15 ou le 112. Ne conduisez pas vous-même si vous vous sentez mal.[3]
Demandez également un avis rapidement en cas de diarrhée sanglante, de vomissements empêchant de boire ou de diarrhée persistante. Les conseils pour une gastro-entérite passagère ne suffisent pas à prendre en charge des selles grasses répétées : leur cause doit être recherchée.[3]
Ces informations décrivent un signe et des situations d’alerte. Elles ne remplacent pas une consultation.
Sources
- [1] Présentation de la malabsorption, Manuels MSD pour le grand public. Texte lu le 27 septembre 2026.
- [2] Revue générale des malabsorptions, Manuel MSD, édition professionnelle. Texte lu le 27 septembre 2026.
- [3] Diarrhoea and vomiting, NHS, page relue le 21 décembre 2023. Numéros adaptés au 15 et aux urgences en France.




