Une douleur de hanche qui gêne la marche, le sommeil ou l’appui ne se résume pas à un nom d’examen. L’œdème médullaire de la hanche est une description d’imagerie : du liquide et un signal inflammatoire dans l’os, surtout visibles à l’IRM. Ce n’est pas, à lui seul, la preuve qu’une nécrose irréversible est déjà en cours, ni la promesse d’une guérison datée. Cette page explique ce que l’on peut raisonnablement en dire, ce qui relève du médecin, et les situations qui ne doivent pas attendre.
Ce que désigne un œdème médullaire de hanche
Un œdème médullaire est un signe visible à l’IRM qui peut accompagner différentes affections. Parmi elles, l’ostéoporose transitoire de la hanche est un syndrome décrit par Radiopaedia comme spontanément résolutif, de cause mal connue. Il concerne notamment des hommes d’âge moyen et, plus rarement, des femmes en fin de grossesse. Cela ne signifie pas que tout œdème de hanche correspond à cette maladie.
La douleur apparaît souvent sans choc identifié et s’aggrave sur plusieurs semaines. Elle peut siéger dans l’aine, limiter l’appui et réveiller la nuit. Ces signes orientent, ils ne permettent pas de poser le diagnostic soi-même. La même page précise que les personnes concernées n’ont habituellement pas les facteurs de risque d’une nécrose avasculaire, et qu’elles n’en développent en général pas.
Pourquoi ce n’est pas automatiquement une nécrose
L’ostéonécrose, ou nécrose avasculaire, est une autre maladie. L’American Academy of Orthopaedic Surgeons explique qu’elle survient quand l’apport sanguin de la tête fémorale est interrompu. L’os peut alors mourir, s’effondrer, et l’articulation devenir arthrosique. Une fois constituée, cette nécrose n’est pas réversible. La confondre avec un œdème médullaire transitoire conduit soit à une peur excessive, soit à un retard de diagnostic si de vrais signes de nécrose sont ignorés.
L’ostéonécrose est plus fréquente entre 40 et 65 ans, davantage chez l’homme. Les facteurs associés cités par l’AAOS comprennent un traumatisme de hanche, une consommation excessive d’alcool, une corticothérapie prolongée et certaines maladies. Leur présence ne prouve pas le diagnostic. Leur absence ne l’élimine pas non plus.
Quel examen est vraiment utile
Une radiographie normale n’écarte pas un œdème débutant. Radiopaedia indique que les clichés sont souvent normaux au départ et peuvent ne s’anomaliser que 4 à 8 semaines après le début des symptômes. L’IRM est l’examen de choix : elle montre l’œdème de la tête fémorale, du col, parfois de la région intertrochantérienne, sans les signes d’une ostéonécrose.
Pour l’ostéonécrose, l’AAOS rappelle un usage différent des deux examens. La radiographie cherche un effondrement déjà visible. L’IRM détecte des modifications précoces, y compris sur l’autre hanche encore indolore. C’est le médecin ou le radiologue qui choisit l’examen, pas un tableau de symptômes trouvé en ligne.
Quand consulter, et quand appeler le 15
Le médecin traitant peut orienter vers un rhumatologue ou un autre spécialiste selon le bilan. Certains symptômes justifient cependant une prise en charge urgente.
- Appelez le 15 ou le 112, sans conduire vous-même, si la douleur est sévère après une chute, si vous ne pouvez plus marcher ou poser le pied, ou si un traumatisme s’accompagne de fourmillements ou d’une perte de sensibilité.
- Demandez un avis médical urgent, et le 15 si l’état s’aggrave, en cas de douleur brutale sans chute, de hanche chaude et gonflée, de modification de la peau, ou de fièvre et de malaise associés.
- Consultez sans attendre des semaines si la douleur empêche de dormir ou de faire les activités habituelles, si elle empire, ou si la hanche reste raide plus de 30 minutes au réveil.
Pendant la grossesse, un œdème de ce type augmente le risque de fracture par insuffisance du col du fémur. Radiopaedia recommande alors une prise en charge pluridisciplinaire, avec un avis obstétrical. Une douleur de hanche au troisième trimestre n’est pas un détail à « surveiller seule ».
Ce que le traitement peut être, et ce qu’il n’est pas
Pour l’ostéoporose transitoire de la hanche, Radiopaedia décrit une résolution spontanée habituelle en 6 à 8 mois, avec une mise en décharge protégée et un contrôle de la douleur. Ce délai est une évolution typique, pas une garantie personnelle. Dans environ un cas sur cinq, l’œdème revient au même site ou sur un autre os. Le niveau de décharge, l’usage de béquilles et la durée sont décidés après l’examen, pas par une consigne universelle de repos total.
Les mesures générales du NHS, pour une douleur de hanche dont la cause n’est pas encore connue, consistent à ne pas trop solliciter l’articulation tout en restant mobile si c’est possible, à glacer la zone à travers un linge au plus 20 minutes toutes les 2 à 3 heures, à porter des chaussures amortissantes, à éviter les charges lourdes et les sièges très bas. Elles ne traitent pas l’os. Elles ne remplacent pas l’avis qui dira s’il faut, au contraire, protéger l’appui.
Les anti-inflammatoires, le changement d’activité et les béquilles peuvent soulager une ostéonécrose et en ralentir l’évolution, selon l’AAOS. Les traitements les plus efficaces de cette maladie-là sont chirurgicaux : forage de décompression avant l’effondrement de la tête, prothèse totale ensuite. Ces opérations ne sont pas le traitement de première intention d’un simple œdème transitoire. Les ondes de choc, les cataplasmes, les huiles essentielles et les points de pression ne figurent pas dans ces sources comme un traitement de l’œdème médullaire. Aucune dose de médicament n’est à choisir sur cette page : la notice et le prescripteur font foi.
La reprise de la conduite après une prothèse de hanche est une autre situation, avec d’autres délais. Elle est décrite séparément ici : reprendre la conduite après une prothèse de hanche.
Sources
- Radiopaedia, Transient osteoporosis of the hip : définition, IRM, évolution habituelle en 6 à 8 mois, récidive, grossesse.
- AAOS OrthoInfo, Osteonecrosis of the Hip : nécrose par défaut de vascularisation, imagerie, traitements.
- NHS, Hip pain in adults : ne pas s’autodiagnostiquer, repères de consultation et d’urgence.
Ce texte est une information générale. Il ne remplace pas l’examen d’un médecin.




