Un bilan, puis des séances qui s’enchaînent, et la facture grimpe vite. Le remboursement de l’ergothérapie par la CPAM peut alléger le budget, mais seulement dans certains cas.
On fait le point ensemble : quand la CPAM rembourse, et comment demander de l’aide.
Ergothérapie : remboursement par la CPAM, règles et exceptions
Vous avez une prescription en poche et vous vous demandez si la CPAM va prendre en charge vos séances d’ergothérapie ? Dans la plupart des cas, en cabinet libéral, la réponse est non.
L’ergothérapeute libéral fixe ses honoraires librement. Il ne facture pas un acte inscrit à la nomenclature remboursable. Même avec une ordonnance, il n’y a donc pas de remboursement.
Les choses changent dans une structure sanitaire ou médico-sociale.
Là, les soins peuvent être pris en charge dans le cadre du fonctionnement de l’établissement. C’est notamment le cas dans les centres d’action médico-sociale précoce (CAMSP) pour les jeunes enfants et dans les centres médico-psycho-pédagogiques (CMPP) pour les enfants et les adolescents.
Gardez tout de même votre prescription. Elle justifie le besoin de soins et appuie une demande d’orientation ou un dossier d’aide. Seule, elle ne suffit pas à rembourser une séance en libéral.
Le forfait PCO finance l’ergothérapie des enfants jusqu’à 12 ans
Pour un enfant de 0 à 12 ans, le forfait d’intervention précoce peut couvrir les bilans et séances d’ergothérapie pour bébé que vous envisagez. C’est le cas s’il présente des signes d’un trouble du neurodéveloppement : autisme, trouble « dys » ou TDAH.
La démarche se déroule en trois étapes :
- Le médecin : votre médecin traitant, pédiatre ou médecin de protection maternelle et infantile prescrit un parcours de bilan et d’intervention précoce.
- La PCO : la plateforme étudie les difficultés de votre enfant et détermine les professionnels nécessaires.
- L’ergothérapeute : l’intervention est confiée à un professionnel ayant signé un contrat avec la PCO.
Attention, sans contrat entre l’ergothérapeute et la PCO, le forfait ne finance pas les séances. Vérifiez ce point avant de prendre rendez-vous, surtout si vous avez déjà choisi votre cabinet.
Le forfait peut aussi couvrir une évaluation, un bilan et des interventions. Ils sont assurés par un ergothérapeute, un psychomotricien ou un psychologue libéral. L’Assurance Maladie les rémunère directement.

La prise en charge dure en général un an. Une prolongation de six mois peut être accordée si la situation le justifie. Les séances peuvent avoir lieu au cabinet, à domicile, à l’école ou à la crèche.
Les frais de déplacement vers un CAMSP ou un CMPP ne sont pas automatiquement pris en charge. Le forfait peut financer les séances au cabinet libéral, mais pas les trajets pour s’y rendre.
Autre point à connaître : le forfait ne se cumule pas avec l’allocation d’éducation de l’enfant handicapé, ou AEEH. Dès que l’AEEH commence à être versée, le financement du forfait s’arrête.
Les aides exceptionnelles de la CPAM dépendent des règles locales
Si vos ressources sont modestes et que votre état de santé vous coûte cher, vous pouvez demander une aide financière individuelle à la CPAM. Son attribution dépend des règles locales et elle n’est pas automatique. Elle peut couvrir des soins, du matériel ou des frais liés à un handicap.
Dans l’Ain, par exemple, les modalités applicables à votre dossier se demandent directement à votre CPAM. Le plus simple reste la messagerie de votre compte ameli ou le 36 46.
Avant de contacter la caisse, préparez vos pièces :
- Un devis détaillé de l’ergothérapeute
- Une prescription médicale ou un courrier expliquant le besoin
- Le bilan déjà réalisé, si vous en avez un
- Les justificatifs de revenus et de charges demandés
- Les factures acquittées, si des séances ont déjà été réglées
- La réponse de votre mutuelle, en cas de refus ou de prise en charge limitée

Le service social de l’Assurance Maladie peut aussi vous orienter. Il peut vous proposer une aide sociale, une démarche auprès de la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH) ou un interlocuteur local.
Mutuelle, tarifs et aides au handicap réduisent le reste à charge
Votre complémentaire santé peut prévoir un forfait pour l’ergothérapie, les soins non remboursés ou certaines pratiques paramédicales. Son contrat fixe parfois un montant annuel, un plafond par séance ou un nombre maximal de séances.
En libéral, les honoraires restent libres. À titre indicatif, une séance peut coûter entre 40 et 80 €, et un bilan entre 120 et 300 €. Le prix dépend de la durée, du compte rendu, des tests utilisés et du déplacement.
Demandez une facture après chaque paiement. Elle doit mentionner le nom du professionnel, la date, la nature de l’acte, le montant payé et la mention « acquittée ». Sans ces éléments, la mutuelle risque de refuser le dossier.
La PCH ne fonctionne pas comme un remboursement automatique de la CPAM. Votre dossier doit relier la dépense à un besoin de compensation du handicap. Joignez donc le bilan de l’ergothérapeute, un devis précis et des éléments sur les difficultés du quotidien.
La demande se fait auprès de la MDPH. Pour un enfant de moins de 20 ans, elle suppose de percevoir l’AEEH et d’ouvrir droit à un complément. Le taux de prise en charge dépend des règles de la prestation et des ressources retenues.
Quand la CPAM, la mutuelle et la MDPH ne couvrent pas toute la dépense, vous pouvez vous tourner vers :
- le centre communal d’action sociale
- le service social du département
- une association spécialisée
- le fonds social de votre complémentaire
Avant de prendre rendez-vous, vérifiez une chose si vous visez le forfait précoce pour votre enfant : l’ergothérapeute doit avoir signé un contrat avec la PCO. Sans ce contrat, le forfait ne financera aucune séance, quelle que soit la situation de votre enfant.






