Une ordonnance en poche, on pense que la facture suivra. Pourtant, le remboursement d’un bilan neuropsychologique par la CPAM dépend surtout du lieu choisi.
Je vous explique ce qui est pris en charge, où trouver un bilan sans honoraires libéraux et quelles aides demander.
Bilan neuropsychologique : remboursement par la CPAM selon le lieu
En cabinet libéral
Faisons d’abord le point. Un bilan réalisé par un neuropsychologue en cabinet libéral ne figure généralement pas parmi les actes remboursés par l’Assurance Maladie. Une ordonnance du médecin ne suffit donc pas, à elle seule, à déclencher un remboursement par la CPAM.
Le tarif varie selon le professionnel, le nombre de tests et votre demande. Avant de prendre rendez-vous, réclamez un devis écrit. Il doit détailler la durée des entretiens et des épreuves, ainsi que la remise d’un compte rendu écrit à la fin.
Même prescrit par un médecin, lié à un trouble reconnu ou inscrit dans une affection de longue durée, l’acte libéral n’est pas remboursable de plein droit. C’est donc, dans la plupart des cas, votre mutuelle qu’il faut contacter en premier.
Les financements dérogatoires pour les enfants
Pour un enfant de moins de 12 ans qui présente des signes d’un trouble du neurodéveloppement, le parcours d’intervention précoce peut financer des évaluations en libéral. Le médecin doit prescrire ce parcours et saisir une plateforme de coordination et d’orientation, appelée PCO.
Ce forfait peut couvrir les interventions d’un psychologue, d’un psychomotricien ou d’un ergothérapeute. Un bilan neuropsychologique complet réalisé par un psychologue peut correspondre à un forfait de 300 euros. Il faut toutefois respecter les conditions du dispositif.
Le parcours se déroule en trois étapes :
- Repérage médical : vous consultez le médecin traitant, le pédiatre, le médecin de PMI ou le médecin scolaire.
- Adressage à la PCO : le médecin remplit le dossier nécessaire et décrit les difficultés observées.
- Parcours coordonné : la PCO évalue les besoins, choisit les interventions utiles et déclenche le financement.
Dans l’Ain, la PCO TND 01 accompagne les enfants de 0 à moins de 12 ans. Elle est basée à Bourg-en-Bresse et reçoit les demandes transmises par un médecin.
Le forfait dure en général un an, et peut être prolongé dans certaines situations. Il ne se cumule pas avec l’allocation d’éducation de l’enfant handicapé, ou AEEH, versée pour couvrir les mêmes besoins.
Les structures de soins proposent des bilans sans facture libérale
Structures selon l’âge et le besoin
Dans un centre médico-psychologique, un centre médico-psycho-pédagogique, un centre d’action médico-sociale précoce ou un service hospitalier, le bilan fait partie d’une prise en charge globale. Vous ne payez aucun honoraire libéral.
Toutes ces structures ne répondent pas aux mêmes besoins :
- CAMSP : il accueille surtout les enfants de moins de 6 ans présentant des difficultés ou un retard de développement.
- CMPP : il reçoit les enfants et les adolescents confrontés à des difficultés d’apprentissage, de comportement ou de développement.
- Hôpital ou centre spécialisé : il peut organiser une évaluation pluridisciplinaire lorsque la situation demande plusieurs compétences médicales et paramédicales.
Accès et parcours
Pour gagner du temps, rassemblez à l’avance les documents suivants :
- l’ordonnance ou la lettre d’orientation, si elle est demandée ;
- les comptes rendus médicaux et paramédicaux déjà existants ;
- les bulletins scolaires ou les observations de l’établissement ;
- une description concrète des difficultés rencontrées à la maison, à l’école ou au travail.
Mutuelle et aides peuvent réduire le coût du bilan neuropsychologique
Vérifier la couverture de la mutuelle
Certaines complémentaires santé prévoient un forfait pour la psychologie. Ce forfait ne couvre pas toujours un bilan neuropsychologique. Regardez donc la définition exacte des actes pris en charge.
Avant le rendez-vous, interrogez votre mutuelle sur plusieurs points :
- Le neuropsychologue libéral est-il accepté dans le réseau ?
- Le bilan complet est-il couvert, ou seulement une consultation ?
- Quel est le montant annuel disponible ?
- Une prescription est-elle nécessaire ?
Les autres soutiens financiers
Si votre enfant est en situation de handicap, le complément de l’AEEH peut couvrir une partie des frais restant à votre charge. Ces frais peuvent être médicaux ou paramédicaux.
La demande se fait auprès de la MDPH. Il faut un certificat médical, les justificatifs de dépenses et une description des besoins de l’enfant.

Vos ressources sont modestes et le bilan pèse lourd dans votre budget ? Vous pouvez demander une aide financière individuelle au service d’action sanitaire et sociale de votre CPAM. La caisse étudie chaque situation au cas par cas.
Pour le TDAH adulte, le bilan ne se confond pas avec le diagnostic
Évaluation et diagnostic du TDAH

Chez l’adulte, le diagnostic du TDAH repose d’abord sur une évaluation clinique. Un médecin formé à ce trouble la mène. Le neuropsychologue peut y contribuer. Son bilan ne remplace pas le diagnostic médical.
Le médecin cherche des symptômes d’inattention, d’hyperactivité ou d’impulsivité. Il regarde aussi si des difficultés étaient présentes avant l’âge de 12 ans.
Le bilan neuropsychologique, lui, précise le fonctionnement de l’attention, de la mémoire et des fonctions exécutives. Il aide à comprendre les difficultés au travail ou au quotidien. Il permet aussi de repérer un trouble associé et de préparer des aménagements.
En revanche, il ne suffit pas à confirmer seul un TDAH.
Coût et prise en charge
Le diagnostic posé par un psychiatre, un neurologue ou un autre médecin formé au TDAH suit les règles habituelles. Ces règles valent pour toute consultation médicale. Le bilan neuropsychologique, lui, suit d’autres règles de prise en charge.
Avant de commencer, demandez au professionnel s’il s’agit d’une évaluation neuropsychologique ou d’un diagnostic médical. Renseignez-vous aussi sur le montant que votre mutuelle peut rembourser.
Pour un enfant, tout commence par le médecin traitant ou le pédiatre. C’est lui qui doit prescrire le parcours et saisir la PCO, sans quoi aucun financement dérogatoire ne se déclenche. Parlez-lui dès maintenant des difficultés que vous observez.






