Hypersignaux à l’IRM : âge, tension, et le stress

Des taches claires sur une IRM cérébrale sont souvent appelées hypersignaux de la substance blanche. Le compte-rendu peut parler de leucopathie d’allure vasculaire. Beaucoup se demandent si une longue période de stress les a provoquées. Leur présence n’indique pas nécessairement une maladie. Quand elles correspondent à une maladie des petites artères, la forme la plus fréquente est liée à l’âge et à l’hypertension : c’est alors la tension qu’il faut contrôler strictement.[1]

Ce que l’IRM montre, et ce qu’elle ne tranche pas

Ces hypersignaux sont fréquemment observés à l’IRM cérébrale. On les mentionne souvent comme une leucopathie d’allure vasculaire. Ce n’est pas, à soi seul, un diagnostic.[1]

La découverte fortuite est courante et ne doit pas susciter une inquiétude excessive. Ces hypersignaux sont souvent liés au vieillissement. Ils peuvent aussi signaler une maladie des petites artères cérébrales : il faut alors en identifier la cause. Le compte-rendu ne suffit pas.[1]

Aucun aspect radiologique n’est spécifique. La lecture est clinico-radiologique : âge, tension, autres maladies, symptômes, et le reste de l’image. Les autres marqueurs utiles sur la même IRM sont les lacunes, les microsaignements, un infarctus lacunaire récent et des espaces périvasculaires dilatés.[1]

Peut-on attribuer les hypersignaux au stress ?

Le compte rendu d’IRM ne permet pas d’attribuer ces images à une période de stress. Leur interprétation repose sur leur aspect et leur répartition, mais aussi sur l’âge, les symptômes et les facteurs de risque vasculaire. Travailler sur l’anxiété peut aider à vivre l’attente des explications ; cela ne remplace pas l’évaluation médicale des hypersignaux.[1]

Maladie des petites artères : plusieurs situations

Si les hypersignaux s’inscrivent dans une maladie des petites artères, encore faut-il en préciser le type. Les formes sporadiques liées à l’âge et à l’hypertension artérielle sont les plus fréquentes. Elles imposent un contrôle strict de la tension, décidé et suivi avec un médecin.[1]

Chez la personne âgée, une autre cause fréquente

L’angiopathie amyloïde cérébrale reste assez fréquente, surtout avec l’âge. Elle justifie une prudence particulière avec les traitements antithrombotiques, à cause du risque de saignement. Ce n’est pas une raison d’arrêter seul un médicament déjà prescrit. C’est un point à reprendre avec le médecin qui le suit.[1]

L’Inserm précise le même partage pour les hémorragies. Les hémorragies profondes sont souvent liées à une maladie des petites artères causée par l’hypertension, le diabète ou d’autres facteurs de risque cardiovasculaire. La plupart des hémorragies spontanées des lobes viennent d’une angiopathie amyloïde. Cette maladie est une cause fréquente d’AVC chez les personnes âgées, souvent associée à des troubles cognitifs et à des saignements qui se répètent.[2]

Quand l’âge et la tension n’expliquent pas l’image

Si les lésions sont sévères alors que l’âge ou l’hypertension ne les expliquent pas, une cause génétique peut être envisagée. Les antécédents familiaux font partie de l’enquête. Dans de rares cas, une forme inflammatoire se révèle par une encéphalopathie et relève d’un traitement spécifique, pas d’une surveillance à domicile.[1]

La maladie des petites artères cérébrales figure parmi les causes d’infarctus cérébral.[2]

Que faire après le compte-rendu

Le rendez-vous sert à savoir si ces hypersignaux sont banals pour l’âge, ou s’ils s’intègrent dans une maladie des petites artères, et de quel type. Apportez le compte-rendu, la liste des médicaments et, si vous en avez, des chiffres de tension récents. Décrivez ce qui a motivé l’IRM.

Pour la forme liée à l’âge et à l’hypertension, le geste documenté est un contrôle strict de la tension.[1] Pour prévenir un premier AVC, l’Inserm met en avant le dépistage et le traitement des facteurs de risque vasculaires : hypertension, anomalie des lipides, diabète, obésité, apnée du sommeil. Le tabac, l’alcool en excès et la sédentarité favorisent aussi l’AVC, de même qu’une fibrillation auriculaire.[2]

Ces mesures se discutent avec le médecin traitant ou le neurologue. La gestion du stress n’y figure pas comme traitement des hypersignaux.

Ce qui est une urgence, et ce qui ne l’est pas

Un compte-rendu déjà rendu, sans symptôme nouveau, se commente en consultation. Ce n’est pas, à lui seul, un motif d’appeler les urgences. Un AVC, en revanche, est une urgence absolue : obstruction ou rupture d’un vaisseau dans le cerveau. Il faut appeler le 15 ou le 112. Mieux vaut appeler que se rendre soi-même aux urgences : l’appel permet de préparer l’imagerie dès l’arrivée.[2]

Les signes apparaissent en général brutalement. Appelez le 15 ou le 112 devant :

  • une faiblesse ou une paralysie d’un membre ou du visage, souvent d’un seul côté ;
  • une perte de sensibilité ou un engourdissement ;
  • une perte de la vision d’un œil, d’une moitié du champ visuel, ou une vue double ;
  • une difficulté à parler, à trouver ses mots ou à comprendre ;
  • un trouble de l’équilibre ou de la coordination ;
  • un trouble de la vigilance ;
  • un mal de tête brutal, intense et inhabituel.[2]

Si les mêmes signes ne durent que quelques minutes puis disparaissent, ce n’est pas rassurant. Il peut s’agir d’un accident ischémique transitoire. Le risque d’AVC qui suit est particulièrement élevé : 5 % dans les 48 premières heures, 10 % à un mois. On appelle aussi le 15.[2]

Cette page aide à lire un compte-rendu. Elle ne remplace pas le médecin qui a prescrit l’IRM, ni un avis neurologique s’il le juge utile.

Sources

En savoir plus

Des personnes âgées dans un salon lumineux, l'une en fauteuil roulant, regardant par une grande baie vitrée sur un jardin.

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