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Une cure de sevrage alcoolique est une prise en charge médicale, car les symptômes peuvent apparaître quelques heures après le dernier verre. Entre soins à domicile et hospitalisation, il n’est pas toujours facile de savoir quelle option vous convient ni combien de temps prévoir.
Vous trouverez des repères pour comprendre le parcours, accéder à un accompagnement adapté et préparer la suite après l’arrêt.
Le sevrage alcoolique est une prise en charge médicale, pas simplement une « cure »
Comprendre le sevrage
Quand vous buvez souvent, votre cerveau et votre corps s’habituent à l’alcool. Après l’arrêt, le sevrage peut commencer quelques heures après le dernier verre. Ses premiers signes peuvent durer de quatre à dix jours.
Les symptômes peuvent inclure :
- de l’anxiété ;
- de l’irritabilité ;
- de l’agitation ;
- des sueurs ;
- des tremblements ;
- des palpitations.
La gravité des symptômes dépend de votre degré de dépendance et de votre état de santé. Elle dépend aussi de vos sevrages passés, des autres produits que vous consommez et d’éventuelles maladies. L’expérience d’un proche ne permet donc pas de prévoir ce qui vous attend.
Des complications graves sont possibles, comme des convulsions ou un delirium tremens. Ce trouble peut causer de la confusion, des hallucinations, une perte de repères, de forts tremblements et parfois une forte fièvre.
Sécurité et modalités

Le professionnel de santé fait le point sur votre consommation, vos symptômes, vos antécédents et votre santé physique, psychologique et sociale. Cette évaluation l’aide à choisir les soins qui vous conviennent.
Il peut vous prescrire des médicaments pour peu de temps. Ils atténuent l’anxiété, les tremblements ou les troubles du sommeil et limitent les complications. En cas de dénutrition ou de consommation chronique, des vitamines, dont la vitamine B1, peuvent être nécessaires. Ces traitements demandent un suivi professionnel.
Le sevrage rend l’arrêt plus sûr, mais ne règle pas à lui seul tous les problèmes liés à l’addiction. Un accompagnement peut aussi vous aider à comprendre votre dépendance et à changer certaines habitudes.
La durée dépend du type de prise en charge et de la situation
Phase aiguë
La phase aiguë couvre les premiers jours après l’arrêt ou la forte baisse de votre consommation d’alcool. Les symptômes surviennent souvent vite. Ils peuvent aussi apparaître plusieurs jours après, selon votre niveau de dépendance physique.
Ambulatoire ou hospitalisation
En ambulatoire
En ambulatoire, vous restez chez vous et bénéficiez de consultations ou de contacts rapprochés. Cette option suppose un environnement stable, la possibilité d’être surveillé et un état de santé compatible avec un suivi hors de l’hôpital.
En hospitalisation
En hospitalisation, un sevrage simple dure souvent cinq à dix jours. L’équipe surveille les symptômes, ajuste le traitement, vérifie l’hydratation et repère les complications médicales ou psychiatriques.
La durée varie aussi selon votre situation. Elle peut être liée à un sevrage difficile dans le passé, à une maladie du foie, à une grossesse, à la dénutrition ou à des troubles psychiques.
Séjour de soins
Selon votre situation, l’hospitalisation peut durer une à trois semaines. Des soins résidentiels ou des soins de suite et de réadaptation en addictologie peuvent prendre le relais. Ils durent un à trois mois, parfois davantage si vous avez besoin d’un suivi intensif.
Votre séjour peut comprendre :
- une surveillance médicale
- des consultations d’addictologie
- un accompagnement psychologique
- la préparation de votre retour à domicile
- un relais de suivi après votre sortie
Le choix entre ambulatoire et hospitalisation se fait avec un professionnel
Choisir une prise en charge
L’ambulatoire peut convenir si le risque médical est faible, si vous pouvez suivre les soins prescrits et si votre logement est calme et sûr. Un proche peut vous aider et veiller sur vous, sans remplacer l’équipe soignante.
L’hospitalisation est particulièrement importante si vous avez déjà eu un delirium tremens ou une crise convulsive. Elle l’est aussi si vous avez une maladie grave, une forte dépendance ou si un précédent arrêt chez vous s’est mal passé.
Elle peut aussi être préférable si :
- vous vivez seul ;
- vous êtes exposé à l’alcool ;
- vous ne pouvez pas vous rendre régulièrement aux consultations ;
- vous avez besoin d’une surveillance psychiatrique rapprochée.

Certains établissements proposent une hospitalisation de jour. Vous recevez des soins médicaux, psychologiques et sociaux pendant la journée, puis vous rentrez chez vous le soir.
Trouver une structure
Votre médecin traitant peut évaluer les risques et prescrire des examens. Il peut aussi organiser votre suivi ou vous orienter vers une équipe spécialisée.
Les centres de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie (CSAPA) offrent un soutien médical, psychologique et social. Ils peuvent vous aider à préparer un sevrage ambulatoire ou vous orienter vers un hôpital.
Pour trouver une structure en France, consultez l’annuaire d’Alcool info service. Vous pouvez aussi demander à votre médecin de contacter le service d’addictologie de l’hôpital le plus proche. La durée du séjour et l’accueil varient selon les établissements.
La démarche commence par un échange et une évaluation
Le professionnel vous demande combien vous buvez et à quelle fréquence. Il s’informe aussi sur vos tentatives d’arrêt et vos maladies physiques ou psychiques. Ces éléments l’aident à choisir le suivi : consultations rapprochées, hospitalisation complète ou de jour, ou séjour résidentiel. Ils servent aussi à prévoir les relais après l’arrêt.
Pour prendre rendez-vous, contactez votre médecin traitant, un CSAPA ou une consultation hospitalière d’addictologie. Vous pouvez aussi joindre Alcool info service au 0 980 980 930. L’appel est anonyme et non surtaxé. La ligne est ouverte tous les jours, de 8 heures à 2 heures.
Avant le rendez-vous, notez pendant quelques jours quand et combien vous buvez. Repérez aussi les situations qui vous donnent envie de boire.

Dans un hôpital public ou une clinique conventionnée, l’Assurance maladie prend en principe en charge 80 % du tarif conventionnel. Le forfait hospitalier coûte 23 € par jour à l’hôpital ou en clinique, et 17 € par jour dans un service psychiatrique depuis le 1er mars 2026. Votre complémentaire santé peut payer tout ou partie du reste.
Parlez de vos difficultés financières dès le premier contact. La complémentaire santé solidaire, certaines situations médicales ou des aides sociales peuvent réduire, voire supprimer, les frais à votre charge.
Le suivi après le sevrage aide à consolider l’arrêt
Un plan de suivi prépare les moments difficiles
Quelques jours sans alcool ne suffisent pas toujours. Le suivi aide à repérer les fortes envies et les situations à risque. Il permet aussi de parler du sommeil, de l’anxiété et des difficultés dans vos relations ou au travail.
Votre plan peut prévoir :
- un rendez-vous médical après la sortie ;
- un contact avec un CSAPA ;
- des consultations psychologiques ;
- un numéro à appeler en cas d’envie urgente de boire.
Des médicaments peuvent compléter l’accompagnement

Votre médecin peut proposer un traitement pour vous aider à rester abstinent ou à réduire votre envie de boire.
À quoi servent ces médicaments ?
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Acamprosate et naltrexone
L’acamprosate et la naltrexone sont notamment utilisés pour maintenir l’abstinence, avec un accompagnement médical et psychologique.
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Nalméfène
Le nalméfène peut aider certains adultes à réduire leur consommation.
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Baclofène
Le baclofène est une option de dernier recours dans des situations précises et nécessite un suivi rapproché.
Aucun de ces médicaments ne remplace le travail sur vos habitudes et les causes de l’addiction. Votre médecin traitant peut suivre votre santé, votre sommeil, votre humeur, votre foie et vos autres traitements. Un addictologue, un psychologue ou un psychiatre peut aussi vous accompagner, selon vos besoins.
Si vous envisagez d’arrêter, prenez rendez-vous avec votre médecin traitant, un CSAPA ou une consultation d’addictologie avant de modifier vos consommations. Notez les quantités et les horaires, ainsi que les difficultés rencontrées lors de précédentes tentatives, pour préparer avec lui un sevrage sûr et un suivi adapté.
Foire aux questions
Quel est le prix d’une cure de désintoxication alcoolique ?
Le coût varie selon le type d’établissement, la durée du séjour et les frais qui restent à votre charge. En hospitalisation conventionnée, l’Assurance maladie rembourse en principe 80 % du tarif conventionnel.
Qu’est-ce qui coupe l’envie de boire de l’alcool ?
Un traitement peut réduire le craving, c’est-à-dire l’envie irrépressible de boire. Le nalméfène peut agir sur cette envie chez certaines personnes, mais le choix dépend de votre santé, de vos autres traitements et de votre objectif, réduire ou arrêter l’alcool.
Peut-on reprendre le travail après un sevrage alcoolique ?
Oui, mais le moment de la reprise dépend de vos symptômes, de votre métier et du type de séjour. Une à deux semaines de repos peuvent être utiles, et votre médecin évalue votre aptitude et peut prescrire un arrêt de travail si votre état le justifie.
Peut-on être aidé sans que son entourage le sache ?
Oui, vous pouvez commencer par un échange confidentiel avec un médecin, un CSAPA ou Alcool info service. Les CSAPA et la ligne Alcool info service proposent un accueil anonyme, pour vous permettre de parler de votre situation avant de décider de la suite.






