Perte de sang marron hors règles : causes et quand consulter

Des pertes marrons, ou pertes brunes, en dehors des règles ne disent pas de quoi il s’agit. Une perte de sang marron peu abondante, souvent brunâtre, porte le nom de spotting. Si elle survient en dehors de la période attendue des règles, ou après la ménopause, c’est une métrorragie.[1] La teinte ne distingue pas un déséquilibre hormonal d’une situation à faire examiner. Des pertes marrons inhabituelles en dehors des règles sont à signaler à un professionnel de santé.

Que désigne une perte de sang marron hors règles ?

Entre la puberté et la ménopause, des saignements génitaux normaux surviennent de façon cyclique : ce sont les règles. Une perte marron hors de cette période attendue n’est pas la même question qu’un flux plus foncé à la fin de règles déjà commencées. Cette page porte sur la première : des pertes vaginales marron, ou des pertes brunes, en dehors des règles.[1]

Ces métrorragies peuvent survenir dès la puberté. Le spotting est défini par une faible abondance, souvent brunâtre. En périménopause, un endomètre très fin peut donner des pertes plutôt noirâtres et peu abondantes entre les règles. Une grossesse extra-utérine peut, elle aussi, s’accompagner d’un flux peu abondant et noirâtre. La même couleur recouvre donc des causes très différentes. Elle n’est pas un signe que l’on peut conclure seul.[1][3][4]

Quelles causes sont possibles, sans les conclure à la couleur ?

Hors grossesse, les déséquilibres hormonaux sont la cause la plus fréquente des saignements gynécologiques anormaux. Ils comprennent des troubles de l’ovulation, souvent autour de la puberté ou en périménopause. Le cycle menstruel est alors irrégulier : les règles surviennent dans des délais variables, de 21 à 45 jours. Elles sont anormalement abondantes et durent plus de six jours. Ce phénomène peut se résoudre spontanément. Un traitement peut être proposé pour soulager. Il décrit des règles irrégulières et abondantes. Il ne se lit pas sur des pertes marrons isolées, et il ne dit pas d’attendre devant une perte hors règles.[3]

Une contraception hormonale œstroprogestative peut provoquer des métrorragies en cas d’oubli de pilule ou d’un mauvais équilibre entre œstrogènes et progestatifs. Sous traitement progestatif, ou sous contraception progestative (pilule ou stérilet au progestatif), les pertes entre les règles sont souvent modérées : on parle encore de spotting. En début de ménopause, un traitement hormonal substitutif mal équilibré peut aussi provoquer des hémorragies gynécologiques. Le NHS, au Royaume-Uni, range la contraception hormonale, dont la pilule, parmi les causes fréquentes d’un saignement entre les règles. Rien de tout cela n’autorise à modifier seule la pilule ou le stérilet. Un changement de contraception se décide avec le professionnel de santé, pas d’après la couleur.[3][5]

Utérus et vagin

L’endomètre, la muqueuse qui tapisse l’utérus, peut être en cause sans que la couleur trie les cas. Très fin, en périménopause, il donne plutôt des pertes noirâtres et peu abondantes. Trop épais, en hyperplasie, il donne plutôt un sang rouge et abondant, pendant les règles ou en dehors. Des polypes utérins, fréquents, sont des lésions bénignes : ils peuvent faire saigner en rouge pendant les règles ou en dehors. Des fibromes, surtout ceux situés sous l’endomètre, peuvent aussi saigner : les règles sont alors abondantes, et des pertes peuvent survenir entre les règles.[3]

Une cervicite, y compris une infection sexuellement transmissible (IST), peut associer des pertes vaginales, des douleurs lors des rapports sexuels et parfois de petites métrorragies.[3] Le NHS cite la chlamydia comme exemple d’IST pouvant expliquer un saignement entre les règles ou après un rapport. Ce nom ne se devine pas à la couleur.[5] Une endométrite s’inscrit dans un contexte de fièvre, avec des écoulements anormaux.[3] Un flux accompagné de fièvre est un motif d’urgence, pas un signe à surveiller à la maison.[2]

Des troubles rares de la coagulation du sang, dont la maladie de Willebrand, sont recherchés chez l’adolescente et la femme en âge d’avoir des enfants, en raison du risque d’hémorragie du post-partum en cas de grossesse. Les règles sont alors anormalement abondantes, et des saignements peuvent survenir entre les règles.[3] Cette recherche ne se décide pas d’après une teinte marron. Au niveau du vagin ou de la vulve, un traumatisme, une vaginite ou une tumeur peuvent aussi expliquer des saignements anormaux. Là encore, la couleur ne nomme pas le problème.[3]

Hors grossesse, l’Assurance Maladie retient comme causes les plus fréquentes des métrorragies : le déséquilibre hormonal, une infection gynécologique, les polypes et les fibromes de l’utérus, un cancer ou une lésion du col, et un cancer de l’endomètre. Cette liste oriente le bilan. Elle ne se parcourt pas seule, à partir de pertes brunes.[3]

Que penser d’un rapport sexuel suivi de pertes marrons ?

Au niveau du col de l’utérus, les saignements sont souvent de faible importance et apparaissent lors des rapports sexuels. Plusieurs causes sont décrites : une cervicite, y compris une IST ; un polype du col, tumeur muqueuse bénigne ; une endométriose localisée au col ; un cancer du col de l’utérus. Ce cancer se manifeste le plus souvent par des saignements après les rapports, peu abondants et indolores. Les saignements spontanés, sans rapport sexuel, surviennent plus tardivement dans l’évolution de la maladie. Un flux léger, sans douleur, après un rapport, n’est donc pas un argument pour attendre.[3]

Le NHS ajoute d’autres causes possibles après un rapport sexuel : une modification de la surface du col (ectropion), une sécheresse vaginale, et des causes déjà citées, dont un polype et une IST, la chlamydia servant d’exemple. Il indique que ce flux peut parfois être le signe d’un cancer, et qu’il faut toujours le faire vérifier. La teinte observée ne classe pas ces causes. En France, ce contrôle passe par un médecin, un gynécologue ou une sage-femme, sans remplacer les urgences décrites plus bas.[3][5]

Une grossesse ou une nidation peut-elle se lire sur ces pertes ?

Non. Des pertes marrons, à elles seules, ne permettent pas de conclure à une nidation ni à une grossesse. L’arrêt des règles est l’un des premiers signes de grossesse, pas la couleur d’un flux. La couleur et la date d’un saignement ne suffisent pas à savoir s’il est lié à une grossesse.[4][5]

Si vous êtes enceinte de moins de trois mois, ou si vous pensez l’être, et que vous saignez, la situation n’est pas normale. Un examen gynécologique, une échographie et, si nécessaire, une prise de sang sont indiqués, dans un délai plus ou moins court. L’Assurance Maladie indique que 25 % des femmes enceintes ont un saignement au premier trimestre. Ce chiffre ne rend pas la situation normale, et il ne dit pas si la grossesse évolue bien.[4]

Si une grossesse est possible, faites un test et demandez un avis. En présence de douleur ou de malaise, n’attendez pas le résultat du test.[4]

Grossesse extra-utérine

Elle est suspectée lorsque trois éléments sont réunis : un retard de règles, des douleurs du bas-ventre souvent d’un seul côté, sourdes avec des accès plus intenses, et des pertes vaginales peu abondantes, de couleur noirâtre. Les signes peuvent manquer ou différer. Le diagnostic est une urgence.[4]

Le NHS retient le même type d’alerte : un retard de règles récent, un saignement vaginal inhabituel et une douleur dans le ventre, y compris en bas du ventre, peuvent faire craindre une grossesse extra-utérine. En France, appelez le 15 dans cette situation.[2][5]

Et autour de la ménopause ?

Les pertes noirâtres de la périménopause, et les hémorragies liées à un traitement hormonal mal équilibré en début de ménopause, sont déjà des cadres distincts. Lorsque la ménopause est bien établie, une perte peut correspondre à une tumeur de l’endomètre. Ce n’est pas la seule explication. Ce n’est pas non plus un événement à laisser passer : des images suspectes à l’échographie mènent à des biopsies.[3]

Quand appeler le 15, et quand consulter ?

Consultez un médecin gynécologue en urgence, ou appelez le 15, dans les cas suivants :[2]

  • vous êtes en âge d’avoir des enfants et, après un retard de règles, vous saignez avec des douleurs pelviennes : une grossesse extra-utérine ou une fausse couche sont à craindre ;
  • vous saignez abondamment et vous vous sentez mal : malaise, ou sensation d’être très faible ;
  • vous saignez et vous avez de la fièvre.

Si une grossesse de moins de trois mois est en cours ou suspectée, consultez en urgence dans trois cas : un saignement abondant avec une impression de malaise ; un retard de règles avec un saignement, avec ou sans expulsion de tissus brunâtres, et des douleurs pelviennes ; un saignement avec de la fièvre.[4]

Hors grossesse, dans les autres situations, prenez rendez-vous avec le médecin traitant ou la sage-femme.[2] Si une grossesse de moins de trois mois est en cours ou possible, et que les urgences ci-dessus ne sont pas réunies, contactez votre médecin, votre gynécologue ou votre sage-femme.[4] Le NHS demande de faire vérifier tout saignement entre les règles ou après un rapport sexuel, parce qu’il peut parfois être le signe d’un cancer. Il écrit aussi que ce n’est en général pas grave : cette phrase ne dispense pas du contrôle, et elle ne remplace pas les critères du 15. [5]

Que cherche le professionnel de santé ?

Avant le rendez-vous, notez la date des dernières règles, l’abondance, la durée, la couleur, une survenue après un rapport sexuel, la contraception ou un traitement hormonal, d’autres symptômes (douleurs du bas-ventre, par exemple), et les médicaments qui facilitent les saignements : aspirine, antiagrégant plaquettaire, anticoagulant. Ces informations aideront le professionnel à choisir les examens utiles.[2]

Le bilan peut comprendre un examen gynécologique, un frottis du col de l’utérus si nécessaire, un dosage des bêta-hCG chez une femme en âge d’avoir des enfants, et une échographie pelvienne. L’échographie recherche une anomalie de l’endomètre : atrophie, hyperplasie, polypes, fibrome. Si l’échographie montre une anomalie, le médecin peut demander des examens complémentaires.[2] Cela ne retire pas les motifs d’avis déjà cités : fièvre, malaise, flux abondant, ou pertes après un rapport sexuel. Une échographie antérieure normale ne les efface pas. Si une anomalie de la cavité utérine est suspectée, une hystéroscopie peut être programmée, surtout lorsque des biopsies de l’endomètre sont nécessaires.[2]

La page britannique déjà citée décrit des questions sur les symptômes et les antécédents, puis des examens du même ordre : test de grossesse, prise de sang, recherche d’IST par les urines ou par un prélèvement dans le vagin, examen du vagin et du col. Une orientation vers une échographie, une colposcopie ou une hystéroscopie est possible. Le traitement, s’il y en a un, dépend de la cause. Le professionnel choisit les examens en fonction de votre situation.[5]

Questions qui reviennent

Des pertes marron environ dix jours après les règles sont-elles l’ovulation ?

Ce délai ne permet pas, à lui seul, de savoir s’il s’agit de l’ovulation. Des troubles de l’ovulation existent, surtout autour de la puberté et en périménopause, avec un cycle irrégulier. Ils ne se datent pas sur des pertes brunes.[3]

Faut-il y voir une nidation ?

Non. Pas à partir de ces seules pertes. Si une grossesse est possible, un test et un avis médical sont indiqués. Douleur ou malaise : n’attendez pas le test.[4]

Un flux léger et indolore peut-il attendre ?

Pas s’il suit un rapport sexuel, s’il survient alors que la ménopause est établie, ou s’il entre dans les critères du 15. Un cancer du col peut se manifester par des pertes peu abondantes et indolores après un rapport. Un saignement léger mérite donc aussi d’être signalé.[2][3]

Sources

En savoir plus

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