Sentir une petite pièce métallique dans la bouche après un implant est inquiétant. Ce n’est pas une raison pour la revisser, la coller ou explorer le site avec un jet. La pièce tombée peut être une vis, un élément de pilier ou un composant provisoire. Seul le praticien qui suit l’implant peut dire lequel, et s’il est cassé, tordu ou simplement dévissé.
Ce qu’il est raisonnable de faire tout de suite
Récupérez la pièce si vous la trouvez, sans la remettre en place. Gardez-la dans un récipient propre pour le rendez-vous. Ne tentez pas de la revisser : le pas de vis interne ne se répare pas à la main, et un mauvais geste peut empêcher le praticien de réutiliser le logement.
Ne grattez pas la gencive et n’envoyez pas d’eau sous pression dans l’orifice. En attendant le dentiste, le NHS propose, pour une douleur dentaire en attente de soin, des aliments mous, une brosse souple, et d’éviter le très chaud comme le très froid. Mâcher de l’autre côté limite les chocs sur la zone. Si un antalgique est déjà autorisé pour vous, ne dépassez pas la dose de la notice ou de l’ordonnance. Cette page n’en prescrit aucune.
Qui appeler
Contactez le cabinet qui a posé ou suit l’implant, et dites qu’une vis ou une pièce prothétique est tombée. Précisez une douleur, un saignement ou un gonflement. En France, ces soins relèvent d’un chirurgien-dentiste, d’un chirurgien oral, ou d’un médecin de chirurgie maxillo-faciale et stomatologie, comme le rappelle le rapport de la HAS d’octobre 2024. Le médecin généraliste ne remet pas une vis d’implant.
- Appelez le 15 ou le 112, sans conduire vous-même, si vous avez du mal à respirer, à parler ou à avaler, si l’œil gonfle ou devient douloureux, si la vue change brutalement, si la bouche gonfle beaucoup, ou si vous ne pouvez plus l’ouvrir. Ces signes sont ceux que le NHS retient pour une infection dentaire grave.
Une fièvre, un mauvais goût, une rougeur ou un gonflement du visage justifient un rendez-vous dentaire urgent le jour même, pas un délai de plusieurs jours. Une vis n’est pas une dent naturelle : ne la réinsérez pas.
Pourquoi une vis peut se dévisser
La HAS classe le dévissage de l’attachement ou du pilier, et la fracture de la vis, parmi les complications techniques des restaurations sur implant. Pour les prothèses fixées unitaires, elle cite aussi la perte de rétention et la fracture de céramique, à côté de complications biologiques : mucosite et péri-implantite.
Trois revues analysées dans ce rapport donnent des taux de dévissage à 5 ans allant de 4,6 à 12,7 %. La HAS précise que les fréquences sont trop hétérogènes pour en tirer une moyenne valable pour une personne. Ce n’est donc ni une fatalité, ni une preuve que « tout lâchera ». Le bruxisme, un aliment dur ou un choc peuvent solliciter une prothèse. Ils ne sont pas, dans ces sources, désignés comme la cause unique d’une vis tombée.
La pièce tombée n’est pas forcément l’implant ancré dans l’os. Ce peut être un élément provisoire de mise en forme de la gencive, ou une partie de la prothèse définitive. La HAS décrit une phase de temporisation, puis un suivi de maintenance destiné à intercepter une complication mécanique ou biologique. Distinguer ces pièces, et vérifier que l’implant lui-même est stable, demande un examen et souvent une radiographie. Ce n’est pas un contrôle que l’on fait dans la salle de bain.
Ce que le praticien décide, pas un tutoriel
Au cabinet, le praticien contrôle l’intégrité de l’implant, retire ce qui obstrue le logement s’il le faut, et choisit de resserrer ou de remplacer la pièce. Une vis tordue ou un pas de vis abîmé ne se « rattrape » pas avec un outil de maison. Aucun couple de serrage n’est à reproduire ici : il dépend du système implantaire.
Ignorer une pièce tombée expose à une complication que le dentiste aurait pu limiter. La péri-implantite est une complication biologique reconnue par la HAS, pas une infection garantie dès la première heure, ni une perte osseuse automatique en quelques semaines. Le rendez-vous rapide sert à trancher, pas à dramatiser.
Les actes d’implantologie ne sont pas remboursés par l’Assurance maladie obligatoire dans la plupart des cas, toujours selon ce rapport. Le devis et le reste à charge se discutent avec le praticien et la complémentaire. Ce n’est pas un motif pour différer un signe d’infection.
Limiter le risque d’un nouvel incident
Le suivi après implant n’est pas optionnel. La HAS le décrit comme le moment où l’on contrôle la prothèse et où l’on enseigne l’hygiène, pour intercepter une complication. Le NHS, pour prévenir les infections dentaires en général, retient un brossage au dentifrice fluoré au moins deux fois par jour, un nettoyage interdentaire quotidien, le remplacement de la brosse tous les 2 à 3 mois, et des contrôles réguliers. Ne pas fumer fait partie de ces mesures.
Si vous serrez ou grincez des dents, dites-le au praticien. Une gouttière peut être discutée. Elle n’est pas une obligation universelle, et elle ne remplace pas le contrôle de la vis.
Sources
- HAS, prise en charge implanto-prothétique de l’édentement, volet II, octobre 2024 : dévissage, péri-implantite, professionnels, non-remboursement habituel, maintenance.
- NHS, Dental abscess : signes d’infection, circuit d’urgence, gestes d’attente sans dépasser la dose d’antalgique.
Ce texte est une information générale. Il ne décrit pas un geste à faire sur votre implant.




