Le froid peut calmer une gêne hémorroïdaire. Il ne traite pas la maladie, ne stoppe pas un saignement important et ne s’introduit pas dans l’anus. Une poche glacée enveloppée est un geste de confort, le temps de savoir si un avis médical est nécessaire.
Ce que sont les hémorroïdes
Les hémorroïdes sont un réseau de vaisseaux normal, sous la peau de l’anus pour le réseau externe, plus haut sous la muqueuse pour le réseau interne. On parle de maladie hémorroïdaire lorsque ces vaisseaux gonflent et s’irritent. Les symptômes — sang rouge, douleur, pesanteur, extériorisation — sont fréquents et en général bénins, mais ils peuvent revenir. Environ un adulte sur trois en a déjà souffert. Les facteurs de risque restent discutés : constipation et efforts de poussée, station assise prolongée aux toilettes, grossesse, port de charges, certains sports, sédentarité, surpoids. L’alcool et les plats épicés sont décrits comme de possibles déclencheurs de crise, pas comme une cause unique.[1]
Le froid : un soulagement, pas un traitement
Le NHS indique qu’une poche de glace entourée d’une serviette peut atténuer l’inconfort, et qu’un bain chaud peut calmer démangeaisons et douleur. Un pharmacien peut aussi proposer des compresses froides.[2] Le froid peut atténuer une gêne. Il ne fait pas disparaître les hémorroïdes et n’arrête pas un saignement.
Comment l’appliquer sans blesser
- N’appliquez le froid que sur la peau externe, jamais à l’intérieur du canal anal. N’introduisez pas de glaçon.
- Enveloppez la poche de glace dans une serviette. Ne posez pas la glace à même la peau.[2]
- Arrêtez si la peau devient trop froide, engourdie ou douloureuse. Gardez l’application courte, et recommencez seulement si la gêne le justifie.
- Ne comptez pas sur le froid pour un saignement. Des traces après la selle et un écoulement abondant ne se gèrent pas de la même façon.
Ce qui agit sur les récidives
La correction du transit compte : aller à la selle sans forcer, ne pas rester longtemps assis sur les toilettes, augmenter progressivement les fibres (légumes, fruits, céréales complètes, légumineuses), boire suffisamment, en respectant une éventuelle restriction hydrique prescrite, modérer l’alcool, bouger, et éviter les sports avec port de charges lourdes. Après la selle, une toilette douce sans savon, un séchage par tamponnement et des sous-vêtements en coton non serrés limitent l’irritation.[3]
Un pharmacien peut conseiller une crème ou un suppositoire à visée locale, parfois avec un anesthésique, et un antalgique de courte durée. Ces produits ne sont pas remboursés. Si les symptômes ne cèdent pas en quelques jours, un médecin doit examiner.[3] Si les hémorroïdes saignent, le NHS déconseille l’ibuprofène.[2] Aucune dose n’est à choisir ici.
Quand consulter, et quand appeler le 15
Consultez dès le premier saignement par l’anus, et si le sang revient. L’examen sert à vérifier qu’il s’agit bien d’hémorroïdes et non d’une fissure anale, d’une rectocolite hémorragique, d’un polype du côlon ou d’un cancer colorectal. Une coloscopie est demandée en cas de doute.[3]
Consultez aussi si la gêne devient quotidienne, si les hémorroïdes s’extériorisent, ou si démangeaisons, brûlures et suintements s’installent.[3] Voyez un médecin sans tarder en cas de sang rouge abondant et répété, de selles très noires, de douleur anale intense avec une fièvre supérieure à 38 °C, de douleur soudaine très intense faisant craindre une thrombose, ou s’il est impossible d’aller à la selle depuis plus de 48 heures.[3]
Une thrombose hémorroïdaire externe peut provoquer une boule douloureuse apparue brutalement. Une douleur importante nécessite un examen pour confirmer la cause et proposer un traitement adapté. Un geste local peut être envisagé par le médecin dans certaines situations ; il ne faut ni percer la boule ni tenter de la traiter uniquement par le froid.[1]
Appelez le 15 ou allez aux urgences si le saignement ne s’arrête pas, s’il est abondant, ou si la douleur est sévère. Le NHS place ces situations en urgence hospitalière.[2]
Le froid reste un appoint. Il ne pose pas le diagnostic et ne dispense pas de l’avis médical dès qu’il y a du sang ou une douleur qui s’installe.
Sources
- Hémorroïdes : définition, facteurs favorisants et symptômes — Assurance Maladie — version archivée le 22/08/2025.
- Piles (haemorrhoids) — NHS
- Hémorroïdes : que faire et quand consulter ? — Assurance Maladie — version archivée le 16/08/2026.




